Concernant la réunion G7 Environnement et les atteintes à la forêt de Fontainebleau (24 avril 2026)

 Société de Sauvegarde de la Forêt de Fontainebleau et de la Vallée de la Seine

Association loi 1901 JORF du 15 février 2014 p. 749 RNA n W774005423 n° SIREN : 800430183

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 24 bd Thiers  77300 Fontainebleau   

Fontainebleau, le 24 avril 2026

Objet : Concernant la réunion G7 Environnement et les atteintes à la forêt de Fontainebleau

Nous, la Société de Sauvegarde de la Forêt de Fontainebleau et de la Vallée de la Seine (SSFFVS), tenons à réagir fermement à l'annonce de la réunion ministérielle G7 Environnement des 23 et 24 avril 2026, dont le dossier de presse met en avant la visite de la forêt de Fontainebleau comme symbole d'une "gestion durable des écosystèmes" et d'un "engagement en faveur de la protection des forêts".

On lit dans le dossier de presse : "Héritière des premières politiques de protection de la nature au XIXe siècle, la forêt de Fontainebleau incarne une tradition française ancienne en matière de préservation environnementale, aujourd’hui prolongée par une gestion durable conciliant adaptation au changement climatique, accueil du public et protection des écosystèmes". Cette présentation lénifiante oublie les 40 ans de coupes rases massives depuis 1970 ou les tentatives de plantation d'espèces étrangères (cèdres) et masque les atteintes foncières et à la gestion forestière qui menacent ce massif emblématique, classé au plan international et candidat au patrimoine mondial culturel de l'UNESCO.

 

Atteintes foncières par la Mairie de Fontainebleau et la CAPF

La Mairie de Fontainebleau projette le déclassement de parcelles de la forêt de protection de Fontainebleau pour y implanter un parking, une décision qui fragmente un écosystème protégé et l'artificialise. Cette situation est rendue possible par une modification du code forestier qui permet de déclasser sans passer par un décret en Conseil d'Etat. Une décision particulièrement lamentable qui s'inscrit dans le mouvement de "simplification" du droit de l'environnement, c'est à dire sa dégradation continue par les pouvoirs publics.

Par ailleurs, la Communauté d'Agglomération du Pays de Fontainebleau (CAPF) organise un mitage autour des maisons forestières, tandis que le nouveau PLUi (plan local d'urbanisme intercommunal) prévoit le déclassement de nombreux espaces boisés classés (EBC), au mépris de leur vocation de protection durable. Un recours de plusieurs associations a été formé sur ce dernier point.

 

Atteintes à la gestion forestière

Le Plan d'aménagement de la forêt de Fontainebleau et des Trois-Pignons 2016-2035 prévoit une hausse de l'enrésinement : les résineux passent de 39,4% (7 647 ha) à 50,7% (9 200 ha), le pin sylvestre devenant l'essence dominante à 49,08% (8 913 ha), au détriment des feuillus qui reculent de 60,7% (11 757 ha) à 49,3% (8 951 ha), avec une chute drastique du hêtre (-92% ! il serait réduit à 1 % des surfaces totales).

Cette politique, critiquée pour ses effets sur les sols sableux fragiles (podzolisation accélérée), persiste malgré les alertes sur les risques hydriques et la vulnérabilité des pins à la sécheresse. Louverture des milieux favorise également les espèces invasives (prunus serotina). Cela traduit une absence de contrainte sur la politique du ministère de l'agriculture qui ne se soumet pas à des évaluations environnementales sérieuses.

Le mode d'exploitation du bois menée depuis 40 ans a conduit à une grande banalisation des paysages qui ont perdu leur caractère pittoresque et que ne reconnaîtraient plus les peintres de Barbizon.

 

Ironie de la réunion G7 à Fontainebleau

Alors que le dossier de presse du G7 vante la forêt de Fontainebleau comme illustration de la "protection des forêts" et d'une "gestion durable conciliant adaptation au changement climatique", ces projets locaux contredisent radicalement cette rhétorique. Loin d'être une "lecture concrète de l’engagement de la France en faveur de la protection des forêts" comme dit le dossier de presse, la forêt de Fontainebleau est victime de la dégradation de la protection réglementaire et de l'insuffisance de vigilance scientifique.

Organiser une telle vitrine dans un massif ainsi malmené par les autorités nationales comme locales constitue une ironie flagrante, qui discrédite les ambitions affichées de préservation de la biodiversité et de résilience face aux crises environnementales. C'est un défi à la véritable écologie.

 

Nous appelons à un moratoire sur ces projets destructeurs et à une véritable concertation pour une protection effective de cette forêt exceptionnelle.

Approbation du 15 juin 2023 du renouvellement de la Réserve de Biosphère de Fontainebleau

 SC-23/CONF.235/15

Paris, 15 June 2023

Original: English

1

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ÉDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE

Conseil international de coordination du Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB)

Trente-cinquième session

Siège de l’UNESCO, Paris (France)

12-15 juin 2023

RAPPORT FINAL

 

POINT 17 — RAPPORTS D’EXAMEN PÉRIODIQUE ET INFORMATIONS DE SUIVI REÇUS DEPUIS LA 34E SESSION DU CIC-MAB

 

234. La délégation de la France a adressé ses remerciements au Secrétariat pour son évaluation des examens périodiques soumis par ses réserves de biosphère et s’est félicitée que les réserves de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais et des Îles et de la mer d’Iroise répondent aux critères. En outre, elle a rejoint la délégation autrichienne et d’autres pays favorables à la nécessité de mettre à jour le formulaire qui sert à établir les rapports d’examen périodique et a proposé que cela soit fait en liaison avec la création de la base de données, dans la mesure où celle-ci prévoit la numérisation, l’examen et la simplification du formulaire.

 

DÉCISION :

 

245. Le Conseil du MAB a approuvé sans aucune modification les recommandations du Comité consultatif figurant dans le document SC-23/CONF.235.11 (Annexe 7) pour les pays et sites suivants :

 

Examens périodiques :

 

viii. Fontainebleau et du Gâtinais, France

Recommandations du 19/05/23 du Comité consultatif international sur les réserves de biosphère : Fontainebleau

 

SC-23/CONF.235/11

Paris, 19 mai 2023

Original: English

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’EDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE

Conseil International de Coordination du Programme sur l'Homme et la biosphère (MAB)

Trente-cinquième session

Siège de l'UNESCO, Paris, France

from 12 to 14 June 2023, Room IV

on 15 June 2023, Room XII

 

Recommandations du Comité consultatif international sur les réserves de biosphère :

[…]

 

74. Réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais (France). Le Comité consultatif a accueilli favorablement le rapport d’examen périodique détaillé, et a grandement apprécié les

efforts méticuleux apportés pour rassembler les informations, ce qui a permis une large participation des divers acteurs.

75. Le Comité consultatif a considéré que le processus et la structure de l’examen périodique précédent constituaient un modèle pour les autres réserves de biosphère du WNBR, et a recommandé de le partager au sein du réseau. Le Comité consultatif a pris connaissance des efforts entrepris depuis le premier examen pour mettre en oeuvre cette recommandation.

76. L’examen périodique contient une réflexion très utile sur les possibilités liées à un développement plus durable dans la réserve de biosphère, ainsi que sur les défis liés au développement urbain, à l’expansion de l’agriculture et au changement climatique. L’examen présente également une multitude d’activités et de projets pour faire face à ces défis. Le Comité consultatif a noté avec satisfaction que plusieurs projets portent aussi sur les zones urbaines, notamment des initiatives pour inverser la tendance actuelle d’utilisation de matériaux artificiels pour couvrir les sols et promouvoir à la place des jardins de trottoirs et d’autres espaces verts, avec la plantation d’espèces qui attirent les insectes, qui à leur tour attirent les oiseaux. D’autres activités visent à rendre l’agriculture plus durable, et à promouvoir un tourisme responsable et durable.

77. La fonction de conservation bénéficie d’une aire centrale qui a été agrandie de plus de 10 000 ha depuis le dernier examen périodique. De plus, diverses initiatives de conservation sont déployées, et il existe une mosaïque de zones dédiées à la protection de la biodiversité dans le cadre de règlementations locales, nationales et européennes. Les efforts pour harmoniser ces zones ont permis de les intégrer dans les zones tampon, qui représentent aujourd’hui 51 % de la réserve de biosphère. Des activités et des programmes nombreux et divers sont menés en étroite collaboration avec différents acteurs. La recherche est une fonction importante de la réserve de biosphère ; ses résultats montrent un maintien de la biodiversité sur l’ensemble du site malgré les difficultés rencontrées.

78. En matière de gouvernance, le Comité consultatif a noté avec satisfaction qu’un conseil de la jeunesse a été établi. Le financement de la réserve de biosphère provient non seulement de l’état, mais aussi des contributions des parties prenantes. Cependant, les autorités ont exprimé des inquiétudes quant à la viabilité financière en raison de la diversité croissante des parties prenantes. Le Comité consultatif encourage donc les autorités à poursuivre leur engagement avec les partenaires dans l’optique non seulement du financement des activités et des programmes, mais aussi d’une contribution financière aux coûts opérationnels. Des stratégies fortes de promotion et de communication pourraient être utiles à cet effet.

79. Le Comité consultatif a noté la révision du zonage de la réserve de biosphère. Les aires centrales ont été agrandies, et la zone tampon représente désormais un peu plus de la moitié de la réserve de biosphère. Aujourd’hui, 4 619 habitants vivent dans l’aire centrale, probablement en raison de son expansion, mais on ne sait pas s’il s’agit de résidents permanents ou saisonniers. Le Comité consultatif aimerait avoir plus d’informations sur la présence d’habitants dans l’aire centrale.

80. Le Comité consultatif conclut que le site satisfait aux critères du cadre statutaire du Réseau mondial des réserves de biosphère.

Question écrite du 26 avril 2022 : Soutien de l'État aux Réserves de biosphère

 15ème législature

Question N° 44325de Mme Sylvie Bouchet Bellecourt (Les Républicains - Seine-et-Marne )Question écrite

Ministère interrogé > BiodiversitéMinistère attributaire > Biodiversité 

Rubrique > biodiversité


Titre > Soutien de l'État aux Réserves de biosphère


Question publiée au JO le : 22/02/2022 page : 1084

Réponse publiée au JO le : 26/04/2022 page : 2698

Texte de la question

Mme Sylvie Bouchet Bellecourt interroge Mme la secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique, chargée de la biodiversité sur le soutien de l'État aux Réserves de biosphère. Ces Réserves de biosphère sont une partie intégrante du patrimoine français. Notre pays en compte 16 qui couvrent ainsi jusqu'à 11 millions d'hectares où vivent 3,2 millions de personnes. Dans le Sud Seine-et-Marne, la Réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais permet indéniablement de valoriser la forêt ainsi que le patrimoine culturel remarquable de la région. C'est un atout précieux pour le rayonnement et la préservation du territoire. Elles sont le fruit d'un programme mondial engagé par l'UNESCO au début des années 1970, visant à promouvoir des modèles de développement durable visant à protéger la biodiversité et à atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l'Agenda 2030 des Nations Unies. Pour autant, les Réserves de biosphère françaises ne reçoivent en tant que telles, aucun soutien direct de l'UNESCO ou de l'État français pour leur animation et leur gestion. Or malgré la stratégie nationale des aires protégées du 12 janvier 2021 adoptée par le Gouvernement visant à porter la part des surfaces protégées à 30 % du territoire d'ici 2022, aucun soutien financier ne semble se dessiner. Animée par un coordinateur, l'Association de la Réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais qui coordonne les actions pédagogiques et scientifiques, manque de ressources pour répondre à toutes les sollicitations. C'est la raison pour laquelle elle souhaite l’interroger sur les moyens que l'État compte affecter aux Réserves de biosphère afin soutenir concrètement les ambitions environnementales affichées du Gouvernement.


Texte de la réponse

Les réserves de biosphère font effectivement désormais partie de la liste des aires protégées annexée à la stratégie nationale pour les aires protégées 2030 (SNAP). La SNAP prévoit dans le plan d'action 2021-2023 de renforcer le réseau français des réserves de biosphère, en se concentrant sur les projets de nouvelles réserves de biosphère déjà identifiées (notamment Martinique, Pays de Sarrebourg, massif des Landes de Gascogne, Polynésie française). Toutefois, le renforcement de ce réseau repose sur les autorités compétentes en la matière. Le ministère de la transition écologique ne dispose d'aucune compétence réglementaire associée à ce label ni de financements dédiés. En effet, depuis la loi biodiversité de 2016, l'article L. 336-1 du code de l'environnement confie expressément la responsabilité de la mise en œuvre des réserves de biosphère aux collectivités et à leurs groupements, aux syndicats mixtes, associations et établissements publics administratifs. Le ministère n'a donc pas vocation à financer directement ce type de projets de territoire. L'appui de l'État se traduit en revanche par un concours financier à l'animation du réseau des réserves de biosphère via l'Office français de la biodiversité (OFB) et le ministère de la recherche et de l'enseignement supérieur. L'OFB contribue ainsi au financement de l'association Man and Biosphère France.

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